Notes et Notules
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Quelques lignes de Francis Ponge in « La Rage de l’expression » (© Ed. Mermod, 1952; Oeuvres complètes I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1999), citées par Pierre-Yves Gabioud sur son SITE.
BERGES DE LA LOIRE
Roanne, le 24 mai 1941
Que rien désormais ne me fasse revenir de ma détermination : ne sacrifier jamais l’objet de mon étude à la mise en valeur de quelque trouvaille verbale que j’aurai faite à son propos, ni à l’arrangement en poème de plusieurs de ces trouvailles.
En revenir toujours à l’objet lui-même, à ce qu’il a de brut, de différent : différent en particulier de ce que j’ai déjà (à ce moment) écrit de lui.
Que mon travail soit celui d’une rectification continuelle de mon expression (sans souci a priori de la forme de cette expression) en faveur de l’objet brut.
Ainsi, écrivant sur la Loire d’un endroit des berges de ce fleuve, devrai-je y replonger sans cesse mon regard, mon esprit. Chaque fois qu’il aura séché sur une expression, le replonger dans l’eau du fleuve.
Reconnaître le plus grand droit de l’objet, son droit imprescriptible, opposable à tout poème… Aucun poème n’étant jamais sans appel a minima de la part de l’objet du poème, ni sans plainte en contrefaçon.
L’objet est toujours plus important, plus intéressant, plus capable (plein de droits) : il n’a aucun devoir vis-à-vis de moi, c’est moi qui ai tous les devoirs à son égard.
Ce que les lignes précédentes ne disent pas assez : en conséquence, ne jamais m’arrêter à la forme poétique – celle-ci devant pourtant être utilisée à un moment de mon étude parce qu’elle dispose un jeu de miroirs qui peut faire apparaître certains aspects demeurés obscurs de l’objet. L’entrechoc des mots, les analogies verbales sont un des moyens de scruter l’objet.
Ne jamais essayer d’arranger les choses. Les choses et les poèmes sont inconciliables.
Il s’agit de savoir si l’on veut faire un poème ou rendre compte d’une chose (dans l’espoir que l’esprit y gagne, fasse à son propos quelque pas nouveau).
C’est le second terme de l’alternative que mon goût (un goût violent des choses, et des progrès de l’esprit) sans hésitation me fait choisir.
Ma détermination est donc prise…
Peu m’importe après cela que l’on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quand à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m’avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon coup de reins pour en sortir.
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Henry Miller
Mejores no hay !
Un voyage en Espagne photographié par Denise Bellon
(Finitude, 2012)
Dans « l’achevé d’imprimer » : Pour faire surgir, par delà le temps, le livre dont Henry Miller et Denise Bellon avaient rêvé il y a soixante ans.
L'Alhambra ne dément rien de ce que l'on a dit ou écrit à son propos. Mon unique regret, c'était que les Maures ne soient plus là. À partir de Grenade, partout en Andalousie, tout ce que nous vîmes de remarquable était mauresque. Que, après sept siècles, les Maures aient pu être chassés d'Espagne, continue à me paraître incroyable. Ce fut, oserais-je même dire, un désastre, non seulement pour l'Espagne, mais pour l'Europe entière. Devant les vestiges de la civilisation mauresque, de la culture mauresque, j'ai éprouvé le même sentiment que devant ce qui touche à la Chine : l'impression d'être «à l'aise». Il y a, d'autre part, certains aspects de l'Espagne catholique qui, non seulement m'échappent, mais que je refuse de comprendre. Où les Maures ont laissé des traces de grâce, de tolérance, de raffinement, de sagesse, de profond et sensuel amour de la vie, la barbarie, le fanatisme issus du catholicisme présents dans la vie espagnole ahurissent souvent le spectateur par leur violence, leur brutalité, leur vulgarité extrême. Il n’est pas de contraste plus hideux, par exemple, que la Mosquée de Cordoue d'une part et de l'autre l'église chrétienne que l'on a trouvé le moyen de fourrer à l'intérieur – acte de vandalisme caractéristique de l'Espagnol. Après avoir visité les ruines de la synagogue, jadis célèbre, qui se dressent près de la demeure abandonnée de Mosès Maïmonide, je demandai à quelqu'un s'il y avait encore des Juifs à Cordoue. Vraie ou fausse, la réponse fut : «Pas un seul». (P. 39)
Que pouvait attendre le poète d’un monde comme le nôtre ? Quel allait être le futur de l’Indien d’Amérique ? Et celui de l’antique Provence ? Étranges interrogations, peut-être; et pourtant moins oiseuses qu’on pourrait le croire. (P. 69)
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Remo Fasani
L’Éternité dans l’instant
Poèmes 1944-1999
Choisis et traduits de l’italien par Christian Viredaz
Préface de Philippe Jaccottet
(Samizdat, 2008)
Philippe Jaccottet dans la préface : Ce fils de paysan a peut-être appris l’essentiel, dès l’enfance, en maniant le grand râteau de bois dans l’herbe des alpages (...). Poète, il n’a pas cessé de vouloir dire ce monde, donc d’abord se taire, être inépuisablement attentif, de cette attention presque religieuse (...). Et encore : Remo Fasani : poète de la grande solitude, mais amicale à autrui, poète du silence qui seul peut engendrer un chant pur, poète, aussi, d’une sorte de blancheur, ou de vide, qui contient toute la densité de «l’être-au-monde», comme un beau fruit.
Paix, plénitude, respirer, l’un... Ces mots reviennent souvent. Et ces poèmes me conduisent presque (une lecture volée à mes travaux et mes jours) à cette respiration lente, ample, où l’air dans mon corps se confond à la lumière dans mes yeux, à la paix dans mon cœur (ce mot...).
Je sais exactement de quoi il parle (p. 56) :
La peine de celui qui porte des fardeaux
sur des pentes alpestres, et qui sent alors
l’univers entrer dans son corps... Voilà,
voilà quel aura été mon baptême...
3 septembre 1983
Quelques passages marqués au crayon (c’est moi qui crayonne)...
(...)
Pour cela, ces instants
passés ainsi en haut d’une colline
(le Tibet de mon enfance)
demeurent mon commencement
et, je le vois aujourd’hui, ma fin.
A moi-même et aux autres
Ces nuages hauts de septembre
éclatants, à peine gris au milieu,
et tout ce bleu entre eux, tout ce bleu,
et ce vent, à peine plus qu’un souffle
qui vient de loin et qui va loin,
qui plie sans les courber les arbres,
ceux qui ont déjà donné leurs fruits
et ceux qui les donneront bientôt,
et qui si vous sortez vous envahit
de son fluide chaud avec pourtant
une pointe de froid, qui ne dérange pas,
au contraire elle rend la marche comme sans poids
et en fait, à chaque pas, un geste d’infini,
voilà l’état non pas métaphorique,
mais réel dans lequel je me trouve,
l’âge précis que je me sens avoir.
Au verbe
La parole, aujourd’hui, a donné tout
ce qu’elle pouvait donner, et plus encore.
Elle a finalement banni
les choses, le réel, ce qui existe avant
et après elle, et en a pris la place.
(...)
Que de vie, oui, que de vie dans ces martinets
qui tout le matin filent
comme des flèches devant ma fenêtre,
ivres de soleil et d’eux-mêmes.
Les envié-je ? Non, je les admire.
Mais je leur laisse cette vie
effrénée, exubérante,
et je garde la mienne, recueillie en elle-même.
Recueillie et pourtant occupée à grandir,
à remplir jusqu’au bord,
au point même de déborder,
le sombre vase qu’elle a reçu pour sort.
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Alexandre Soljénitsyne
Une minute par jour
chroniques
(Fayard, 2007)
Alexandre Soljénitsyne tient, à mes yeux, une place tout à fait à part... Je développerai cette question. La question centrale aussi de l'autolimitation qui revient fondamentalement dans ses écrits.
En quatre extraits, de quoi «remettre les montagnes à l'endroit».
Notre grand pédagogue Ouchinski écrivait jadis : «La mission de l'école, c'est de changer un coeur égoïste en un coeur ouvert à toutes les souffrances.» Et c'est bien vrai, c'est plus précieux que l'instruction ! Or, que faisons-nous ? Exactement le contraire : nous étouffons à la source les timides pousses de moralité dans le coeur des enfants, et nous les préparons à une vie égoïste, à l'égocentrisme. L'économie est au-dessus du coeur. Où est-elle, l'idée qu'il faut inculquer tout simplement la dignité humaine, ou tout simplement la fidélité à la parole donnée – non par crainte de perdre de l'argent –, mais simplement la fidélité à la parole en tant que telle. (P. 58-59)
Ce ne sont pas les circonstances extérieures qui décident de l'orientation d'une vie, c'est le caractère de l'individu. Car c'est lui qui, parfois consciemment, parfois à son insu, ne cesse de faire des choix tantôt infimes, tantôt majeurs : des infimes, vous en faites à longueur de journée, vous ne vous en rendez pas compte, mais vous ne cessez d'en faire; les choix majeurs, vous vous cassez la tête dessus, vous cherchez conseil autour de vous, vous vous demandez à quoi vous résoudre. Et de tous ces choix dépend votre destin. Je le confirme en toute connaissance de cause [...]. (P. 226)
À la fin du XIXe siècle, quand le XXe à commencé, tout le monde se disait : ce sera un siècle d'épanouissement magnifique. Vous voyez ce que cela a donné – un siècle de loups ! Le XXIe pourrait fort bien ne pas valoir mieux. En Occident, c'est l'abondance, oui, tout est splendide, on a tout. L'Occident est florissant, oui – sur le plan matériel. Mais les âmes, les âmes des gens se changent en désert, la facilité les prive de ressort. Le XXIe siècle sera le théâtre d'un terrible conflit entre ce qu'on appelle le tiers-monde, la plus grande part de l'humanité, et ce qu'on appelle la race blanche. Il y aura des événements pénibles à vivre. Toute le monde sera concerné, et si nous n'arrivons pas à élever nos coeurs, à être affermis et purs intérieurement, nous tous, l'humanité, serons condamnés à périr. (P. 268-269)
«Ne vous faites pas de souci. Le marché mettra chaque chose à sa place...»
Le marché ne mettra rien «à sa place» dans la structure de l'État ni dans les fondements moraux de la société. C'est une dangereuse passivité de la pensée dans tout ce qui touche à l'État. Comme, d'ailleurs, cette pensée n'existe pas non plus dans notre économie. (P. 280)
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C. F. Ramuz
SYMÉTRIE suivi de L'ENFANT
Préface de Jean-Louis Pierre
( Les Amis de Ramuz, Université François-Rabelais, 37041 Tours, 2007)
Quand l’enfant tient un morceau du monde, il ne le lâche plus. Quand l’enfant tient un biscuit, cette possession lui est si précieuse qu’il ne pense pas à le manger.
Les quelques fleurs qu’il tient, elles ont le temps de se faner avant que sa main ne s’ouvre.
Comme nous, quand nous croyons nous être assurés d’une vérité : plutôt mourir, n’est-ce pas ? que de nous en laisser dépouiller.
Je vous invite à acheter ces volumes des Amis de Ramuz, aux pages à couper* et à la simple et claire présentation. (Je les découvrais à la Librairie du Grand-Chêne à Cully, devant les petits carreaux d'une fenêtre donnant sur le lac.)
*Il vaut mieux utiliser un couteau rond pour couper plus nettement et éviter de planter la pointe dans la reliure.
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Philippe Jaccottet
Un calme feu
(Fata Morgana, 2007)
Un voyage au Liban et en Syrie à la fois au coeur d'une actualité régionale et mondiale et aux sources du christianisme. Toujours cette perceptions aiguë de la poésie du monde, mais avec cette fois des réflexions politiques (la marche de la cité)...
Que faire, alors, de ces moments de saisissement et même d'une certaine forme de joie, puisqu'ils sont indubitables et qu'ils s'imposent à nous comme essentiels, à l'égal des autres petites ou grandes illuminations que donne simplement la vie pour nous aider à en affronter les ténèbres de plus en plus épaisses ? (P. 78)
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2017.09.12
Nous sommes trop habitués à exister.
Cette habitude nous fait gratter la terre en veines recherches.
Alors qu’il suffirait de lever la tête et d’inspirer.
2017.09.10
Ne pas croire aux sirènes « d’y arriver en une fois ».
Croire au grignotement. Oser le premier pas pour attaquer la pente.
Sinon la montagne nous apparaitra si haute, que cette simple vue nous submergera de fatigue et de découragement.
2015.04.11
« Car, celle-là, ce n’est pas la paix occidentale, qu’on trouve dans l’église, avec la rue autour, c’est la paix totale, avec la vie essentielle et la mort autour, si l’on veut ; avec la volonté, comme un sceau, sur chaque acte, avec un sceptre qui commande la journée. »
Marguerite Burnat-Provins (dans Poèmes troubles, L’Escampette, 1999)
2014.11.27
La crise de la civilisation occidentale au XXIe siècle sera - elle s'annonce déjà - non typique des crises de civilisation que l'on peut statistiquement prédire pour les cent prochains siècles.
La crise du XXIe siècle, ou des deux siècles prochains, sera plus grave que la moyenne de ces crises parce qu'à la crise suicidaire typique que nous avons analysée se conjuguera la crise de l'énergie, et parce que cette crise matérielle se compliquera elle-même de règlements de comptes entre riches et pauvres, et entre les races. Seule, une mise au point d'une rapidité inespérable de l'énergie de fusion de l'hydrogène - ou plutôt du deutérium - pourrait diminuer la gravité de la crise prochaine déjà commencée. Mais cette crise sera, de toute manière, plus grave que la fin de l'Empire romain.
Raymond Ruyer
Les cent prochains siècles : le destin historique de l’homme selon la nouvelle gnose américaine, Fayard, 1977
2013.12.02
Quand je suis reconnu dans ce rôle de passeur, j’exulte de joie, tel un oiseau électrisé par son chant. Je suis l’instrument des muses. Un peu comme le filament d’une ampoule. L’électricité passe dans le fil, il rougit, et la lumière est. Quand je joue, je deviens rouge comme le filament de l’ampoule. Je ne suis pas une idole ni une vedette, mais je ne suis pas humble pour autant. « L’humilité est la pire des vanités », dit, je crois, La Rochefoucauld. Je revendique ma présence, mon droit de passeur.
Popol Lavanchy
(Propos recueillis par Dominique Scheder pour Message franciscain, janvier 2009)
2012.04.28
Je retrouve cette même idée (voir notule du 6 décembre 2011) en lisant ce petit livre de John Kenneth Galbraith L’Art d’ignorer les pauvres (Le Monde diplomatique / Les Liens qui libèrent, 2011).
Je voudrais livrer ici quelques réflexions sur l’un des plus anciens exercices humains : le processus par lequel, au fil des années, et même au cours des siècles, nous avons entrepris de nous épargner toute mauvaise conscience au sujet des pauvres. (P. 22)
Un mécanisme de déni psychologique. (P. 26)
Force est donc de constater que la condamnation actuelle de toute action et administration gouvernementales est en réalité l’un des éléments d’un dessin plus vaste : refuser toute responsabilité à l’égard des pauvres. (P. 27)
Pour se laver les mains du sort des pauvres : affirmer que les aides publiques ont un effet négatif sur l’incitation à travailler. (P. 28)
La compassion, assortie d’un effort de la puissance publique, est la moins confortable et la moins commode des règles de comportement et d’action à notre époque. Mais elle reste la seule compatible avec une vie vraiment civilisée. (P. 31)
Dans la doctrine économique dominante, le marché du travail, censé conduire spontanément au plein-emploi, ne doit donc pas être «perturbé». [Par l’aide aux pauvres, aux chômeurs... (SIC)] (P. 43)
2011.12.07
Nous sommes tous menacés par la surface des choses [...].
Claude Pélieu dans Jack Kerouac (Carnets de l’Herne, 2009)
2011.12.06 (2013.12.02)
Seule la justification, une fois établie, permet à la Finance, plus ou moins cyniquement, de croire à sa place première dans l’économie. (Et l’école veut maintenant enseigner la finance, après avoir évacué la philosophie. Sic transit gloria mundi.)
Les spéculations de toutes sortes, les hedge funds (et autres déguisements mathématiques) sont justifiés – alors que tout prouve le contraire – au nom de l’aptitude supposée des marchés à produire des prix justes.
Même cécité devant les inégalités sociales puisqu’elles sont dues à la paresse des pauvres; nous dispensant même de la compassion.
Voir la « banalité du mal », Hannah Arendt.
(2014.01.14)
Viviane Forrester (dans La promesse du pire), ce qui devrait pourtant sauter aux yeux :
Une économie de marché évincée, supplantée par la mainmise d’un système spéculatif.
Nous disons bien « système », car on ne saurait nommer « économie » ces jeux cyniques disjoints du vivant, à l’écart du tangible, résolument improductifs et ne manoeuvrant que de la vacuité. (P. 18)
Une dictature de bookmakers, qui rafle l’économie réelle et le politique avec des moyens sans fin démultipliés. (P. 21)
2010.05.16
Le vide-poches nous protège du chaos. Nous n’en sommes ni assez conscients, ni assez reconnaissants.
2008.06.06
« Tout bien gérer, tout économiser, mais ne pas se transformer en loup pour l’homme, telle est la leçon d’Ivan Denissovitch, ainsi que celle du vieux dissident, qui nous invite, aujourd’hui comme hier, à l’autolimitation. »
Conclusion de Georges Nivat dans un article sur Soljenitsyne du Temps (14 juillet 2007).
L'autolimitation : loin devant légiférer ou exclure idéologiquement !
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(Sur le blog du site «Pour un observatoire-pilote». Non expurgé.)
2006.08.19
Haïku
Beaucoup de grillons ;
Et la lune sur le duvet
(Mai 2006)
Tension, équilibre; conjonction « avec un saut de pensée soudain » (Kerouac) qui me lie à un «instant de l’univers». Voilà pour moi ce petit poème que j’ai tout de même envie d’appeler un haïku sans beaucoup connaître l’esprit et la tradition de ces trois vers de cinq, sept et cinq syllabes.
C’est un haïku européen comme Kerouac parle de ses haïkus :
« Alors j’inventerai
Le genre du haïku américain :
Le simple tercet rimé –
Dix-sept syllabes ?
Non, comme je le dis, des Pops américains –
De simples poèmes de trois vers »
2007.03.31
Je me méfie de toute assurance ! (« Tu siégeais le sceptre de l’assurance entre tes mains... ») Il n’y a aucune raison d’être sûr. Sauf en réduisant. Sauf en fermant.
2007.05.16
J’aimerais tellement dire cette conjonction de lumière, la beauté de cet instant… Pour quoi ?
Pour l’extraire d’un flux qui m’échappe ? Pour ajouter un “petit absolu” à mes certitudes en mouvement ? Pour dire au monde ce qui pourrait nous mettre d’accord ?
Cette moitié d’arbre au couchant (un robinier en fleur) à la blancheur orange rose, l’autre moitié plus sombre – entre la lumière et moi; un volume réunissant la nuit à venir et cet après-midi où, sous le même arbre, la rumeur des abeilles déjà, m’avait tiré de mon agitation…
2007.04.02
On se dit, tiens une caravane ! Mais ce n’est pas une caravane, c’est une façon d’être, avec des petits rideaux.
2005.01.23 (Sur le site, attribué à tort à Francis Lapique.)
Méthode et catégories
Le tri de documents, de livres, d'images, de supports digitaux... Textes, images, musique, ...objets.
Certains entrent facilement dans une catégorie; d'autres dans deux – priorité ?
Où s'arrête la bibliothèque ? Où commence la vie ?
D'autres s'ébrouent dans leur classement, poussent l'observateur dans le mélange des genres... dans le doute. De plus en plus proche de la frontière mortelle de l'observateur s'observant observant.
J'observe deux premières catégories: l'«observable» et le «participable».